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    DPE classé G dans le Nord : la location est interdite, voici vos options

    8 min de lectureMis à jour le

    Beaucoup de propriétaires nous appellent encore en pensant avoir du temps devant eux. Il faut être clair : l'interdiction de mise en location des logements classés G est entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Elle s'applique depuis plus de vingt mois.

    Si vous possédez un bien classé G dans la métropole lilloise, la question n'est plus de savoir comment l'anticiper, mais quoi faire maintenant. Il existe quatre options, et l'une d'elles est trop souvent oubliée.

    Combles d'une maison ancienne en brique du Nord, avec une isolation en laine de verre insuffisante et déplacée
    Dans le bâti ancien de la métropole, les combles sont presque toujours le premier poste de déperdition — et le premier chantier à engager.

    Ce qui est interdit, et ce qui ne l'est pas

    La nuance compte, parce qu'elle détermine votre marge de manœuvre réelle.

    Ce qui est interdit : mettre un logement classé G en location dans le cadre d'un nouveau bail. Le bien est considéré comme énergétiquement non décent, et ne peut donc plus faire l'objet d'une nouvelle mise en location.

    Ce qui n'est pas concerné dans l'immédiat : un bail déjà en cours. Votre locataire actuel reste dans les lieux, et son contrat n'est pas annulé du jour au lendemain. En revanche, il est en droit de demander la mise en conformité du logement, et peut saisir le juge pour vous y contraindre.

    Ce qui est gelé depuis 2023 : les loyers des logements classés F et G. Aucune augmentation n'est possible, y compris à la relocation ou lors de la révision annuelle, tant que le bien n'a pas été amélioré.

    Ce qui reste libre : la vente. Rien ne vous interdit de vendre un logement classé G. S'il s'agit d'une maison individuelle, un audit énergétique réglementaire sera exigé en complément du DPE.

    Le calendrier complet, pour ne pas se tromper d'échéance

    L'interdiction se déploie par vagues successives.

    Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025.

    Les logements classés F le seront au 1er janvier 2028. Cela concerne les nouveaux baux, mais aussi les reconductions tacites — un point que beaucoup de bailleurs découvrent trop tard.

    Les logements classés E suivront au 1er janvier 2034.

    Si vous détenez plusieurs biens, c'est le moment de faire l'inventaire de vos étiquettes : un bien classé F aujourd'hui vous laisse un peu plus de deux ans, ce qui est court pour monter un dossier de travaux dans le bâti ancien.

    Option 1 — Faire les travaux, dans le bon ordre

    C'est la voie la plus fréquente, et elle démarre par un diagnostic sérieux plutôt que par un devis d'artisan.

    Un audit énergétique ne se contente pas de constater la classe : il modélise plusieurs scénarios de rénovation, chiffre le gain d'étiquette attendu pour chacun et hiérarchise les travaux. Il conditionne également l'accès à la plupart des aides à la rénovation. Le faire réaliser avant d'engager quoi que ce soit n'est pas une formalité administrative : c'est ce qui détermine le montant que vous pourrez mobiliser.

    Dans le parc ancien en brique de Roubaix, Tourcoing ou Wattrelos, l'ordre des travaux compte autant que les travaux eux-mêmes.

    On commence par l'isolation, parce que c'est là que part l'essentiel de la chaleur et que c'est le meilleur rapport entre le coût engagé et le gain obtenu. Viennent ensuite les menuiseries, qui achèvent de refermer l'enveloppe.

    La ventilation arrive en troisième position, et c'est l'étape qu'on oublie le plus souvent. Une fois l'enveloppe isolée et les fenêtres changées, l'air ne circule plus comme avant. Dans le bâti ancien en brique, qui respirait jusque-là par ses défauts d'étanchéité, sauter cette étape est le meilleur moyen de créer de la condensation et des moisissures dans un logement qu'on vient pourtant d'améliorer.

    Le chauffage et l'eau chaude sanitaire se traitent en dernier, et pour une raison très concrète : on dimensionne l'équipement sur le besoin réel du logement une fois isolé. Installer une pompe à chaleur avant d'avoir isolé, c'est la surdimensionner, la payer plus cher qu'elle ne devrait, et la faire fonctionner en dehors de sa plage de rendement pendant toute sa durée de vie.

    Option 2 — Vendre

    Vendre un bien classé G reste possible, et c'est parfois le choix le plus rationnel quand le coût des travaux dépasse ce que le bien pourra jamais valoir.

    Premier point : l'audit énergétique n'est pas exigé dans tous les cas. Il est obligatoire, en plus du DPE, pour la vente d'une maison individuelle classée F ou G — ainsi que pour un immeuble d'habitation détenu en monopropriété. En revanche, si vous vendez un appartement en copropriété, aucun audit ne vous sera demandé, quelle que soit son étiquette. C'est une confusion très fréquente, et elle conduit certains vendeurs à faire réaliser un document dont ils n'ont pas besoin.

    Second point : l'étiquette pèse aujourd'hui de façon très concrète sur le prix. Un acquéreur informé intègre le coût des travaux dans son offre, et les banques regardent l'étiquette de près dans leurs décisions de financement.

    C'est pourquoi, même quand il n'est pas obligatoire, faire réaliser un audit avant la mise en vente reste souvent un bon calcul : vous arrivez en négociation avec un chiffrage précis des travaux, plutôt que de subir l'estimation à la louche de l'acquéreur.

    Option 3 — Vérifier que votre DPE est juste

    C'est l'option la plus négligée, et pourtant celle qui coûte le moins cher à explorer.

    Tous les DPE ne se valent pas. Un diagnostic réalisé rapidement, sans accès aux combles, sans relevé précis des menuiseries ou sans les justificatifs d'isolation, peut classer un logement plus bas qu'il ne l'est réellement. Le calcul retient alors des valeurs par défaut pénalisantes là où un document aurait permis de retenir la performance réelle.

    Un DPE récent mais mal étayé peut faire perdre une classe entière à un bien qui ne le mérite pas.

    Avant d'engager des dizaines de milliers d'euros de travaux, faire vérifier le diagnostic par un professionnel qui prend le temps de relever correctement est un investissement modeste au regard de l'enjeu. Rassemblez vos factures de travaux, vos attestations d'isolation et vos notices de chaudière : chaque justificatif fourni remplace une valeur par défaut défavorable.

    Option 4 — Le cas particulier des logements chauffés à l'électricité

    Cette possibilité est nouvelle, et elle change la donne pour une partie des propriétaires.

    L'arrêté du 31 août 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité à 1,7 au 1er janvier 2027. Pour un logement chauffé à l'électricité, cela améliore mécaniquement l'étiquette, sans aucun travaux. Un bien situé aujourd'hui en haut de la classe G peut, dans certains cas, remonter en F.

    Cela ne le rendra pas louable pour autant, puisque le F sera interdit en 2028 — mais cela vous laisse trois ans de marge au lieu de zéro pour organiser une rénovation, et cela peut suffire à monter un dossier d'aides correctement plutôt que dans l'urgence.

    Cela vaut donc d'être vérifié avant d'engager les travaux. Nous détaillons le mécanisme dans notre article sur le passage du CEP à 1,7.

    Si vous louez quand même

    Certains propriétaires font le choix de continuer. Il faut mesurer ce à quoi cela expose.

    Un logement énergétiquement non décent ouvre au locataire la possibilité de saisir le juge pour exiger la réalisation des travaux. Le juge peut également ordonner une réduction du loyer, voire sa suspension jusqu'à mise en conformité. Selon les situations, le bailleur peut se voir imposer la prise en charge d'un relogement.

    Au-delà du risque juridique, la réalité est qu'un bien non conforme devient difficile à assurer, difficile à financer, et difficile à revendre à un investisseur qui, lui, connaît le calendrier.

    Par où commencer

    Si vous ne deviez faire qu'une chose : vérifiez la fiabilité de votre DPE actuel avant toute décision. C'est ce qui conditionne tout le reste, et c'est de loin l'étape la moins coûteuse.

    Nous intervenons sur l'ensemble de la métropole lilloise et de la Pévèle pour les DPE et les audits énergétiques, avec un rapport livré sous 24 heures. Si vous avez un doute sur l'étiquette de votre bien, demandez un devis : nous répondons en moins de deux heures, et l'échange sur votre situation est gratuit.

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